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Ligue 1 : quelles sont les conséquences des matches à huis clos sur les finances du FC Metz ?

17 novembre 2020 à 15h23 Par Clément Gondolff
Le stade Saint-Symphorien de Metz (Moselle) est le théâtre de matches à huis clos au cours de ce mois de novembre.
Crédit photo : @D!RECTFM

Dans l'obligation de disputer leurs rencontres à huis clos jusqu'à la fin de l'année 2020, les clubs professionnels doivent tirer une croix sur les recettes de billetterie. Un manque à gagner considérable pour le FC Metz, et plus globalement, pour un football français en difficulté.

Du football sans foule, sans passion ni couleurs dans les tribunes. Voici le triste spectale auquel les suiveurs du ballon rond sont tenus d'assister depuis plusieurs semaines, et plus particulièrement, depuis le début du mois de novembre synonyme de confinement en France.  

Généralisé sur l'ensemble du territoire jusqu'en 2021, le huis clos prive, déjà, les locaux du soutien de leur public. "Le fait de jouer à huis clos est très pénalisant pour l'équipe du FC Metz, estime Hélène Schrub, directrice générale des Grenats. Parce que, souvent, le public joue son rôle à fond et peut faire basculer le match. On l’a vu cette année contre Reims, où je pense que le public a joué un grand rôle dans le but inscrit à la dernière minute".

Sevré de soutien populaire pour la première fois de la saison face à Dijon, lors de la dernière journée, le club mosellan n'a pas trouvé les ressources pour l'emporter sur le terrain (1-1). Et en plus des trois points, il a aussi dû tirer une croix sur d'importants revenus. 

Un manque à gagner de "plusieurs centaines de milliers d'euros par match"

Quand l'absence totale de supporters agit comme un "handicap" sur le plan sportif, elle entraîne en parallèle des "pertes sèches" d'un point de vue économique, selon les mots d'Hélène Schrub : "A huis clos, la recette billetterie grand public, la recette billetterie des espaces d’hospitalité et les recettes marketing sont des recettes qui ne rentrent pas et qui ne rentreront pas cette saison dans les caisses du FC Metz puisque ces matches ne se rejoueront pas". 

Et pour quel manque à gagner, alors que le FC Metz jouera encore sans ses fans face à Brest, mais aussi Lyon et Lens ? "C'est difficile à évaluer, mais c'est évidemment de l'ordre de plusieurs centaines de milliers d'euros par match, et sur certaines rencontres, ça peut pousser beaucoup plus loin", répond la directrice générale des Grenats. Puis d'ajouter, que ce sont, sans surprise, les réceptions des grosses écuries du championnat qui sont les plus lucratives :

"Sur ces dernières années, on s’est rendu compte que des affiches contre le PSG, l'OM et Strasbourg permettent de remplir, pour chaqu’un de ces matches, parfois 10, 15 ou 20 % des recettes billetteries et hospitalités de la saison". Ainsi, opposé au PSG et à l'OM au stade Saint-Symphorien lors de deux de ses cinq derniers matches, le FC Metz conserve encore une chance de limiter la casse. A condition que la situaton sanitaire s'améliore d'ici là. 

Hélène Schrub, directrice générale du FC Metz Écouter le podcast

"On a une grosse inquiétude pour les joueurs, pour les clubs"

Une situation qui cause bien des maux de tête aux dirigeants du football français, déjà empêtrés dans le litige qui les oppose au nouveau diffuseur de la Ligue 1 et de la Ligue 2, Mediapro

"C'est une situation très compliquée, mais c'est là où on doit avoir la force d'en sortir tous ensemble. Le pire serait d’avoir des initiatives ou volontés personnlles. Et on a vu que, dans l'écosytème du foot, quand certains tentent de tirer leur épingle du jeu personnellement ça fait un désastre", affirme David Terrier, vice président de l'UNFP.

Et de poursuivre : "On a une grosse inquiétude pour les joueurs, pour les clubs, parce que l'on ne veut pas que certains disparaissent, et on va tout faire pour trouver des solutions". Celle du retour à une Ligue 1 à 18 clubs a refait surface, sous l'impulsion du président de la LFP Vincent Labrune. "On n’est ni pour ni contre une L1 à 20 à 18, assure David Terrier. Mais il faut plus d'éléments, des choses plus construites et plus réfléchies tous ensemble."

David Terrier, vice-président de l'UNFP Écouter le podcast