"C'est un appel au secours": les ambulanciers tirent la sirène d'alarme
Publié : 20h03 par Erwan Dodard
Le 8 avril, 80% des ambulanciers étaient en grève pour dénoncer le manque de moyens. Sans soutien du gouvernement, de nombreuses entreprises du secteur pourraient fermer boutique très prochainement.
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La semaine dernière, mercredi 8 avril, les ambulanciers français étaient en grève pour dénoncer la crise qu'ils traversent. Ils se heurtent à plusieurs problématiques, à commencer par le prix du carburant qu'ils ne peuvent plus gérer. Ce dernier a connu une augmentation massive due à la guerre en Ukraine, et encore plus depuis le conflit entre l'Iran et les États-Unis. En France, l'État a mis en place une accise sur les produits pétroliers (anciennement TIPP ou TICPE) ayant pour but de lutter contre la montée du prix des carburants en remboursant une partie des frais des professionnels du transport. Seulement, les ambulanciers sont les grands oubliés de cette aide. Autre difficulté, le manque d'accompagnement des aides publiques, comme les remboursements de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM). "Ca n'a pas évolué depuis 2022, alors que l'inflation a eu un lourd impact ces dernières années sur la société" explique Ouardia Lombardi, présidente de l'union départementale de la CFTC de Moselle. Elle ajoute d'une voix légèrement tremblante : "Faire grève, ce n'est pas un aboutissement, c'est un appel au secours".
Selon un communiqué de la Chambre Nationale des Services d’Ambulances (CNSA), il manquerait 350 millions d'euros au secteur pour pouvoir continuer d'exister.
Une situation qui met en péril le secteur
Ce manque de moyens cause des dégradations du service d'ambulance. Il empêche le recrutement de salariés, l'entretien et la transformation des véhicules de transport,... Si la situation perdure, Ouardia Lombardi l'assure : " Il y aura de moins en moins d'ambulanciers. [...] Dès le mois prochain, il y aura des fermetures d'entreprises ". Une disparition des ambulanciers viendrait grandement fragiliser le service de santé français, déjà fortement touché par un manque de personnels soignants.
Après la grève de la semaine dernière, les ambulanciers n'ont reçu aucun retour de la part du gouvernement. Le 27 avril, une réunion a lieu au ministère pour proposer des solutions aux professionnels du secteur. Les syndicats demandent l'ajout des ambulanciers dans la TIPP, ainsi que des aides financières comme des reports de charge ou une révision des aides de la CNAM. Si ces propositions ne sont pas à la hauteur des besoins, le secteur craint "le début d'une nouvelle crise sanitaire", par manque d'effectif pour transporter les patients sur leurs lieux de soins.
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