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Rassemblement des commerçants à Metz : "Oui au couvre-feu, non à la fermeture des commerces"

20 novembre 2020 à 10h24 Par Clément Gondolff
La manifestation de ce vendredi 20 novembre 2020
Crédit photo : @D!RECTFM

Une manifestation contre la fermeture des commerces doit se tenir ce vendredi 20 novembre 2020 devant la préfecture de Moselle, à Metz. Un rassemblement initié par l'union des entreprises de Moselle, né d'une forme d'injustice dans les rangs des commerçants.

Après la détresse murie depuis plusieurs semaines, place à la colère, criée le temps de quelques heures. Ce vendredi 20 novembre, entre 10h et 12h, les commerçants sont invités à se rassembler devant la préfecture de Moselle, à Metz. 

Un mouvement impulsé par l'union des entreprises de Moselle (UE 57), conséquence des restrictions sanitaires qui privent certains commerces d'activités. "Le point de départ, c’est un cri de désespoir des commerçants qui nous ont appelé, et qui nous dit leur souffrance, déplore Jean Poulallion, président de l'UE 57. Certains ont peur de tout perdre, de se retrouver sous les ponts après avoir tout perdu. Et certains nous ont dit qu’ils allaient peut-être en venir à des décisions extrêmes". 

Prendre exemple sur le Luxembourg

Délicate voire intenable, cette situation dans laquelle sont plongés les commerçants résulte de la décision de confiner la population. Une mesure sanitaire, pour freiner l'épidémie de Covid-19, mais jugée excessive par Jean Poulallion, prenant l'exemple du voisin luxembourgeois pour étayer ses propos : 

"En France, fin octobre, il a d'abord été décidé d’opérer un couvre-feu, et il a eu d’excellents résultats. Puis la France a décidé du confinement, alors qu'au Luxembourg, ils ont gardé le couvre-feu. Dans les deux pays, la courbe s’est inversée de la même manière, liée au couvre-feu. Donc, on tendance à dire : oui au couvre-feu, non à la fermeture des commerces". 

D'autant qu'à quelques kilomètres de là, dans le pays voisin, les commerces sont, quant à eux, bien ouverts. De quoi générer, de façon irrémédiable, une forme de frustration. "Quand vous êtes en train de tout perdre, et que vous voyez de l’autre côté de la frontière, à 10 ou 15 km de là où vous travaillez, que des personnes traversent la frontière pour consommer, vous pouvez avoir le sentiment d’injustice", se désole le président de l'union des entreprises de Moselle.

Un nouveau reconfinement "inenvisageable"

Source d'incompréhension voire de colère, la fermeture des commerces non-essentiels est donc en tête des mesures contestées durant le rassemblement. Une réouverture est donc vivement demandée, tout comme la définition de dates

"C’est très compliqué pour un commerçant d’arriver à se projeter dans le futur s’il n’a pas une date, assure Jean Poulallion. On ne peut pas continuer à naviguer à vue. Un report de quinze jours en quinze jours, d'une semaine en une semaine, de deux jours en deux jours, ce n'est absolument pas une solution".

La prochaine prise de parole du président de la République Emmanuel Macron, attendue la semaine prochaine, sera donc particulièrement scrutée. Alors que selon Jean Poulallion, l'annonce d'une éventuelle prolongation du confinement serait tout simplement "inenvisageable dans cette situation de désespoir et de marasme économique qui est terrible". 

Jean Poulallion, président de l’union des entreprises de Moselle Écouter le podcast