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Mois sans tabac : le confinement et la crise de Covid-19 compliquent-ils l'arrêt de la cigarette ?

20 novembre 2020 à 14h45 Par Clément Gondolff
Le mois sans tabac est une opération visant à inciter un maximum de fumeurs à arrêter la cigarette.
Crédit photo : Pixabay

Le 5e édition du mois sans tabac intervient cette année en plein nouveau confinement. Une période potentiellement génératrice d'un stress supplémentaire, et donc, pas forcément propice à l'arrêt de la cigarette.

"Le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout". Connu de tous, ou presque, ce petit refrain, entonné par deux célèbres inconnus dans Le Pari, prend tout son sens au cour du mois de novembre.

Une période de l'année synonyme, depuis 2016, de mise en place du mois sans tabac. Une opération communautaire invitant les fumeurs à arrêter la cigarette durant trente jours, grâce à des supports individuels ou des groupes d'auto-support, ce qui multiplie par cinq les chances d'arrêter de façon définitive

Le stress et l'ennui, facteurs de consommation ? 

Mais cette année ne ressemble en rien aux précédentes. Le Covid-19 est passé par là, et la 5e édition du mois sans tabac coincide cette fois avec le confinement, deuxième du nom.

Un contexte forcément particulier, qui n'est pas sans conséquences sur la courbe de consommation de tabac. D'après une étude réalisée par Santé Publique France, au cours du premier confinement, 27 % des fumeurs ont déclaré avoir augmenté leur consommation de tabac, 55% l’ont jugé stable et 19% affirment l’avoir diminuée.

"Il y a des facteurs contextuels extrêmement importants, énonce le docteur Michael Bisch, addictologue au pôle hospitalo-universitaire du Grand Nancy. Ce qui a sensiblement modifié la consommation de tabac pendant le confinement, ce sont les dimensions d’ennui et de stress, en plus de la dimension de plaisir de consommation". 

Le facteur stress n'a pas disparu, au contraire

Plus souple que celui appliqué au printemps dernier, ce second confinement peut-il apporter les mêmes conclusions ? "Bien que plus léger, il n’est pas forcément plus facile à vivre que le premier. Parce que l’état psychique et la capacité à supporter les choses ne sont pas tout à fait les mêmes que lors du premier confinement, répond le docteur Michael Bisch, par ailleurs responsable du département d'addictologie au centre psychothérapique de Nancy.

"Et dans le mesure où le stress, pendant le premier confinement, était un facteur essentiel associé à la consommation de tabac, on peut craindre que le stress soit un facteur de consomation de tabac important pendant ce confinement là", poursuit-il. 

Docteur Michael Bisch, addictologue au pôle hospitalo-universitaire du Grand Nancy Écouter le podcast

Arrêter pour diminuer les chances d'avoir le Covid-19 ? 

Déjà significatif d'ordinaire, le défi du mois sans tabac semble donc encore plus imposant cette année. Il s'agit pourtant d'une période idoine, puisque selon le docteur Michael Bisch, "la crise sanitaire est un très bon moment pour engager une démarche d’arrêt, et en étant substituer".

"Parce que ne plus fumer et avoir de la nicotine, c’est réduire de manière certaine les facteurs de risque d’avoir une forme grave de la Covid", ajoute-t-il. 

Le docteur Michael Bisch, sur le lien entre l'arrêt de la cigarette et le Covid Écouter le podcast