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Le FC Metz s’adjuge le derby contre l’ASNL (3-0)

30 janvier 2019 à 01h17 Par Axel Watrin
Crédit photo : Direct FM

Match à sens unique ce mardi soir à Saint-Symphorien : le FC Metz a outrageusement dominé une ASNL réduite à 10 dès la 19ème minute de jeu. Un succès avec la manière qui permet aux Grenats de prendre leurs distances avec les autres prétendants à la montée ; les Nancéiens restent encrés dans la zone rouge.

Le match attendu par toute une région a finalement tourné à la démonstration. Le suspense a laissé place à la déconcertante suprématie mosellane face à des Nancéiens émiettés à Saint-Symphorien ce mardi. Si beaucoup jugeront sévère l’exclusion du Meurthe-et-mosellan Malaly Dembélé dès l’entame du match (19e), difficile de contester la victoire nette, sans bavure, d’un FC Metz virevoltant qui a offert à son public un présent inestimable : une victoire contre son rival historique.

Les joueurs du Chardon ont certainement vécu l’une de leurs pires premières périodes depuis l’entame du championnat. Déjà privé de Chernik, Muratori et Marchetti, tous à l’infirmerie pour ce choc en retard de la 19ème journée de Ligue 2, le coach nancéien Alain Perrin a dû se passer de ses nombreuses recrues hivernales (El Kaoutari, Poha, Marveaux, Vagner, Ngom), non-qualifiés pour le derby. Et l’hécatombe ne faisait que commencer pour l’ancien technicien de l’OL, champion de France avec les Gones en 2008, qui perdait sur blessure son défenseur Loris Néry (12e), juste avant l’exclusion de son attaquant Dembélé pour un pied haut, certes involontaire et sans visibilité, dans les parties sensibles du Messin John Boye. Une entame de rencontre qui a coïncidé avec la multiplication des vagues mosellanes, non converties par Niane (10’), Nguette (14’) ou Gakpa (23’).

L’attaquant sénégalais faisait parler la poudre avant le retour aux vestiaires, d’une frappe lumineuse des 20 mètres qui mourrait dans la lucarne gauche de Ndy Assembé (1-0, 40’). Logique, l’ouverture du score du FC Metz venait sanctionner une entame nancéienne trop timorée, conséquence de la supériorité numérique mosellane.

La pause attendue par les joueurs de l’ASNL n’a pas vraiment renversé la situation. Les locaux ont même confisqué le cuir à leurs rivaux historiques (68% de possession sur les 90 minutes), se montrant patients, à l’affut d’une brèche dans le bloc adverse. Assez discret jusque là, le latéral gauche messin Thomas Delaine était au four et au moulin à la reprise, servant idéalement sur un centre en retrait Ibrahima Niane, dont la frappe en pivot était détournée par Ndy Assembé (53’). L’avant-dernier de Ligue 2, quant à lui, n’eut pas grand-chose à se mettre sous la dent. Sa seule occasion franche intervenait dans le temps additionnel, lorsque la frappe du capitaine Laurent Abergel était saisie sans difficulté par Alexandre Oukidja. Tranquille le portier grenat ce soir, aux antipodes de son homologue nancéien, salvateur sur un centre puissant de Gauthier Hein (56’). Le gardien du temple était encore à l’honneur sur une tête du nouvel entrant Habib Diallo, qui a nécessité une manchette astucieuse de la part de l’international camerounais (72’).

Non-rassasiés par le court avantage aux scores, les Messins ont passé définitivement une vitesse à l’orée du dernier quart-d’heure. Sur l’un de leurs nombreux corners de la partie, Marvin Gakpa déposait une offrande sur la tête de Digbo Maïga, qui croisait parfaitement au premier poteau pour doubler la mise (2-0, 75’). Un deuxième but personnel sous la tunique grenat que le milieu prêté par l’ASSE s’est empressé d’aller fêter avec les supporters de la tribune ouest, sautant par la même occasion les grillages de sécurité. Sacrée détente. Ses coéquipiers se sont occupés de faire exploser le verrou nancéien : à la réception d’un centre de Diallo détourné par Ndy Assembé, Ibrahima Niane se montrait le plus prompt au deuxième ballon et punissait une bonne fois pour toutes les errances des visiteurs (3-0, 81’).

Une première victoire en championnat dans cette nouvelle année 2019 : tel est le cadeau offert par les joueurs à la Croix de Lorraine aux 18 000 spectateurs qui ont bravé le froid mosellan pour vivre un derby à sens-unique. Metz en profite pour écarter Brest de son fauteuil de leader, et en profite pour porter à 10 points son écart avec le Paris FC, troisième. Amorphes pour ce rendez-vous phare, les Nancéiens repartent bredouilles de Saint-Symphorien, avec l’intime conviction que le retour des blessés et des nouvelles recrues feront le plus grand bien à une équipe largement dominée.

Réactions

Gauthier Hein, ailier du FC Metz : « On a su imposer notre style de jeu et faire ce qu’on avait prévu de faire. L’expulsion nous a aidés, c’était plus compliqué pour eux. Je suis très content pour Ibrahima Niane qui débloque la situation et nous permet de gagner. C’est un rêve depuis que je suis petit de jouer un Metz-Nancy à Saint-Symphorien. Je sais que le public est chaud, et quand on gagne, il s’enflamme. C’est super ».

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Renaud Cohade, capitaine du FC Metz : « La victoire est méritée. On a mis du rythme et de l’intensité dès l’entame. C’est un match abouti dans le contenu. On a gagné avec la manière. Retrouver la place de leader, c’était aussi important, mais il reste beaucoup de points à prendre et ne pas se poser de questions. L’atmosphère et l’ambiance étaient bonnes, malgré l’horaire et la date en semaine. Les supporters nous ont aidés à gagner ce match ».

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Vincent Hognon, entraîneur intérimaire du FC Metz : « On avait à cœur de renouer avec la victoire, mais on n’était pas inquiets. On savait que ça allait tourner. Gagner dans un derby, c’est toujours très important. Je suis très heureux pour l’ensemble du club. La manière était là, du début à la fin. On a eu une emprise totale sur le match. On a su être présent partout, même s’ils ont joué à 10 pendant 70 minutes. Mais je suis très heureux de la performance de mes joueurs. C’est un bilan très positif. (…) J’espère que cette victoire va compter pour les supporters, dans leur relation avec les joueurs. On doit garder tout le monde sous pression pour conserver ce contenu ».

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Alain Perrin, entraîneur de l’ASNL : « Une équipe doit être capable de défendre de s’organiser, même à 10 contre 11. On n’a pas vraiment pu rivaliser ce soir. À 1-0, il y avait encore de l’espoir de créer le danger. Heureusement que le deuxième but ne vienne pas plus tôt, car on aurait pu avoir une avalanche de buts ».

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