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Hélène Schrub (FC Metz) : « Une dynamique positive »

31 janvier 2020 à 11h25 Par Axel Watrin
Hélène Schrub, directrice générale du FC Metz
Crédit photo : Axel Watrin / Direct FM

À la tête du FC Metz depuis quatre ans, la directrice générale se livre sur les changements qui secouent le club lorrain. Et se réjouit d’une dynamique positive, alors que les Grenats viennent d’enchaîner deux victoires en championnat.

Si elle n'a pas encore livré son verdict sportif, la saison 2019-2020 aura été celle du changement au FC Metz. Marqué par une remontée en Ligue 1, l’exercice a débuté dans un Stade Saint-Symphorien amputé de sa vieilissante tribune Sud, qui laissera place à une structure plus actuelle l’été prochain. De leur côté, les joueurs ont foulé les pelouses du nouveau centre d’entraînement, sur l’ancienne base aérienne de Frescaty. Des projets d’envergure inédits au FC Metz, menés par le président Serin et son bras-droit Hélène Schrub, directrice générale. Au poste depuis 2016, la n°2 du FC Metz se confie sur sa fonction et porte un regard favorable sur l'évolution du club messin. 

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Un bilan personnel des quatre années de mandat ?

« Le bilan est très positif. Ces quatre ans sont passés très vite. Ils ont été très enrichissants pour moi, à la fois par les fonctions et par les rencontres que j’ai pu faire. Je n’ai pas hésité quand le président m’a sollicité. Quand on m’a proposé une telle marque de confiance, je ne me suis pas posée de questions ».

En quoi consiste le poste de DG d’un club de football ?

C’est un peu la même fonction qu’un directeur général d’une entreprise « normale ». C’est beaucoup de management, c’est faire en sorte que tous les services du club puissent travailler ensemble. Ma fonction, c’est chef d’orchestre ! Les matchs de football restent le point d’orgue de l’activité du club. Donc bien évidemment, je suis présente à chaque match à domicile. J’essaie d’en faire à l’extérieur. Fut une époque où je faisais à l’extérieur, mais il faut que je prenne un peu de repos. Donc il m’arrive de regarder quelques matchs à l’extérieur devant la télévision ».

« Un peu de méfiance »

Aujourd’hui, vous êtes la seule femme directrice générale d’un club de football professionnel. Un sentiment de solitude ?

« Je ne me sens pas vraiment seule. Mes fonctions principales m’amènent à travailler au quotidien à Metz ou au FC Metz où il y a d’autres femmes qui travaillent. C’est vrai que de temps en temps, quand je dois me rendre à certaines réunions à Paris auxquels assistent les DG ou les présidents de clubs, le nombre de femmes s’amenuise un petit peu. Mais c’est rattrapé et compensé par le fait que la personne qui pilote ces réunions s’appelle Nathalie Boy de la Tour ».

Est-ce difficile de s’imposer dans un monde majoritairement masculin ?

« Je ne sais pas, puisque je n’ai connu que ça. J’ai intégré le FC Metz il y a près de quinze ans, ce monde était plus masculin qu’il ne l’est aujourd’hui. Effectivement, il faut faire attention à la façon dont on se comporte, aux choses que l’on dit. On sent parfois un peu de méfiance de la part des interlocuteurs qui ne vous connaissent pas. J’en ai vu par le fait que j’étais une femme mais aussi parce que j’étais jeune. Et tout cela se combat au quotidien, en montrant qu’on est à la place à laquelle on est non pas par hasard, mais parce qu’on l’a méritée ».

Un mot sur la construction de la nouvelle tribune Sud. Les délais seront-ils respectés ?

« Le chantier avance bien. On a quelques jours de retards, qui sont inhérents à tout chantier d’envergure comme celui-ci. Mais évidemment, la tribune Sud sera livré pour la prochaine saison, qui débutera, je l’espère, en août … ».

« Un club qui prend des risques »

Avec la rénovation de son stade et l’arrivée d’un nouveau centre d’entraînement, le FC Metz est-il en train de tourner une page de son histoire ?

« Il en écrit surtout une nouvelle ! Il était temps que le FC Metz prenne plein pied dans le football moderne. Cela passe par des infrastructures modernes. On ne peut pas se contenter d’infrastructures obsolètes et espérer rester dans le haut du panier du football français. C’était une étape indispensable au développement du club. Je suis ravie que le président Serin lui ait permis de franchir cette étape ».

Êtes-vous particulièrement fière de mener ces projets?

« Tout à fait ! C’est une grande fierté d’être directrice générale d’un FC Metz qui a de beaux projets devant lui, et qui ne se contente pas de vivoter avec les moyens qui sont les siens aujourd’hui. C’est un club qui prend des risques d’investir dans des infrastructures. C’est peu le cas en France, donc c’est une grande fierté de piloter ces projets et d’être à la tête de ce club ».

Sur le plan sportif, le FC Metz reste sur deux victoires en Ligue 1 (contre Strasbourg et Reims). Peut-on parler de dynamique positive ?

« Quand on enchaîne deux victoires d’affilée, et que c’est la première fois de la saison que ça nous arrive en championnat, oui, c’est une dynamique positive. J’espère qu’elle se prolongera le plus longtemps possible évidemment. De voir un peu plus de sourire dans les vestiaires après une victoire, de voir cette bonne ambiance dans l’équipe et les supporters qui sont ravis, pour la dirigeante que je suis, c’est toujours agréable. Quand j’envisage la suite de la saison, c’est un moyen idéal de commencer cette année 2020. Si on excepte l’accroc en Coupe de France … »

Le club jouera six matchs de championnat en février. Cela peut conditionner la suite et la fin de la saison ?

« C’est comme chaque année. Janvier et février sont des mois riches en nombre de matchs. Si le mois de février est bien négocié, cela peut nous mettre en position très confortable pour aborder la fin de la saison. Si les résultats sont un peu moins à la hauteur de ce qu’on attend, il restera ensuite plusieurs mois pour valider le maintien en Ligue 1 ».