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Manu Peixoto (FC Metz) : « Les défaites 11-0, je n'en veux plus »

21 août 2019 à 19h21 Par Axel Watrin
Manu Peixoto, entraîneur des féminines du FC Metz
Crédit photo : Axel Watrin / Direct FM

Pour la première fois de son histoire, le FC Metz féminin disputera une deuxième saison consécutive dans l’élite du football français. Cette année, avec un groupe qu'il juge plus performant, l’entraîneur des Messines aspire à un sort tout aussi favorable, quoique plus tranquille. Tour du propriétaire avec le technicien mosellan, à quelques jours du premier match à Guingamp.

4 mai 2019. Sur la pelouse du Groupama OL Training Center, l’arbitre siffle la fin de la 22ème et ultime journée de D1 féminine édition 2018-19. L’armada lyonnaise vient à bout du FC Metz (3-0) et célèbre devant son public son 17ème titre de championnes de France. Pourtant, leurs adversaires messines, qui viennent d’accuser leur 15ème revers de la saison, savourent tout autant cette fin de rencontre. Avec la défaite de Lille à Montpellier (2-3), les joueuses emmenées par la capitaine Melissa Godart officialisent au bout du suspense leur maintien dans l’élite.

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Un petit évènement en soi, puisque pour la première fois dans l’histoire du club à la Croix de Lorraine, sa section féminine s’offre une deuxième saison en D1. L’exploit est d’autant plus beau lorsque l’on sait que les Messines ont perdu leurs 7 premières rencontres de championnat. « Je ne sais pas si les gens réalisent, mais ce qu’ont fait les filles la saison dernière, c’est assez extra. Elles se sont arrachées, y ont cru jusqu’au bout » décrit Manu Peixoto, l’entraîneur. Pour le coach, intronisé dans ses fonctions en octobre 2018 après le départ de David Fanzel, ce maintien à l’arrachée doit fédérer : « Le plus important, c’est ce qui va venir derrière. Si on arrive à stabiliser le club en D1, on va peut-être pouvoir attirer plus de gens, plus de sponsors, plus de partenaires. Même si le soutien existe, on a besoin d’un soutien beaucoup plus fort. Donc une troisième saison dans l’élite, ce serait vraiment extra ».

Pour y parvenir, Manu Peixoto a des pistes. Il faudra déjà gommer les quelques claques infligées par Montpellier (0-11, 0-7) ou le Paris-SG (1-7). « Je n’en veux plus » annonce d’emblée le technicien lorrain. « Je veux bien qu’on perde, mais il est hors de question qu’on perde parce qu’on lâche mentalement ». Également dans les vœux de l’entraîneur, une régularité dans les résultats, loin de la saison en dents de scie de l’an passé. « On est retombés dans nos travers pour différentes raisons. On était un peu faible niveau qualité dans l’effectif. C’est pour cela qu’on a construit une équipe un peu plus performante. La culture de la gagne doit être le leitmotiv de toutes les filles ».

« Collectivement, on a peut-être la solution »

À l’aube d’un nouvel exercice en D1, l’effectif du FC Metz présente un nouveau visage, façonné au fil du mercato estival. Dans le sens des départs, la liste est longue. Exit l’expérience de Marie-Laure Delie et Adeline Janela, la fougue de Pauline Dechilly et Selen Altunkulak, le leadership de Simone Jatoba. La formation messine devra surtout composer sans Léa Khelifi, son atout majeur la saison passée, qui a cédé aux sirènes du tout-puissant PSG. « Se passer de Léa, c’est difficile admet Peixoto. Ses prestations ont influé dans beaucoup de nos résultats. L’année dernière, on dépendait beaucoup d’elle ».

Pour pallier les nombreuses partantes dont sa joueuse-clé, le FC Metz a fait appel à sept recrues (voir ci-dessous). « Collectivement, avec les filles qu’on a récupérées, on a peut-être la solution, c’est le championnat qui va le confirmer » juge leur entraîneur. « On a essayé de garder nos meilleures joueuses. Ce n’était pas évident. Il fallait professionnaliser notre section. Cette année, il faut que les filles soient dans une optique beaucoup plus professionnelle et qu’elles aillent au bout des choses ».

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Un premier test s’offrira justement au technicien et ses joueuses ce samedi à Guingamp, en ouverture du championnat. Les Messines suffisamment affûtées pour ce rendez-vous inaugural ? « Je ne pense pas. On a encore beaucoup de choses à apprendre concède un Manu Peixoto plutôt satisfait de la préparation d’avant-saison. « On a qu’une seule victoire (contre Bettembourg 12-0). Mais sur le contenu, il y a eu du répondant, des duels. Les filles ont joué. Je suis serein ». Confiant pour un objectif inchangé, le coach grenat vise un maintien avant la dernière journée de championnat. « Tout le monde veut le faire. La D1 va être encore plus attrayante et plus difficile que la saison dernière. On a fait le nécessaire pour être plus fort, on aimerait bien aussi que le résultat soit meilleur ». Lors de la réception de l’OM pour l’ultime chapitre de la saison en mai 2020, peut-être que les Messines auront le privilège de fêter devant leur public un nouveau maintien. À moins qu’il n’ait été entériné plus tôt …

Les recrues du FC Metz vues par Manu Peixoto

Sydney Drinkwater (Américaine, 25 ans, gardienne) : « Le premier chantier était d’apporter à Justine Lerond quelqu’un qui pouvait la remplacer. La saison passée, Joanna  Viollaz l’a remplacée sur certains matchs. Elle a fait ce qu’elle a pu mais elle n’avait pas le niveau de la D1, surtout dans le jeu au pied. C’est un critère important sur les gardiennes. On a cherché une gardienne française, on avait de très bons contacts. Je pense à Cindy Perrault sur qui on comptait énormément et qui a rejoint Montpellier. On était sur d’autres pistes, finalement on a pris Sidney pour qu’elle puisse dépanner. Je pense qu’elle a les qualités et elle a besoin de travailler car elle n’a pas eu d’entraînement spécifique à Vauban Strasbourg ».

Charlotte Lorgeré (Française, 25 ans, défenseur central) : « Elle n’est malheureusement pas opérationnelle pour l’instant. Quand elle le sera, elle va nous apporter sa maturité. Elle a une sélection en équipe de France. Elle est capable de diriger. L’année dernière, on avait Simone qui était exemplaire par son attitude mais elle n’arrivait pas à passer le cap au niveau de la direction de l’équipe. Je pense que Charlotte va le faire ».

Kristen Ricks (Américaine, 22 ans, latérale gauche) : « À l’heure actuelle, elle est un peu en dessous. Il va lui falloir du temps pour qu’elle s’habitue au projet de jeu et au niveau du championnat. Elle est très dure sur l’adversaire, et elle devrait être un peu plus technique par rapport à Ipek Kaya. J’espère que ce sera un très bon complément à Ipek ».

Jassie Vasconcelos (Portugaise, 25 ans, milieu de terrain) : « Techniquement, elle est peut-être plus forte que Léa Khelifi. Par contre, il va falloir qu’elle prenne le rythme de la D1. Déjà aux entraînements, c’est difficile pour elle car elle sort de Benfica où ça joue très technique, assez cool. Contre le Paris FC (en match de préparation), elle s’est retrouvée avec des coups dans les mollets. Elle va apprendre parce que c’est quelqu’un qui a une énorme envie ».

Chritsy Grimshaw (Écossaise, 25 ans, milieu de terrain) : « Elle peut casser les lignes par ses courses et ses passes. Elle accuse un peu la préparation, mais au niveau du milieu de terrain, c’est quelqu’un qu’on n’avait pas. Justine Rougemont, Hélène Fercocq et Christy Gavory sont des joueuses de mouvement, mais Christy nous apporte cette qualité qu’on a pas ».

Melike Pekel (Turque, 24 ans, attaquante) : « Elle va nous apporter de la vitesse devant. C’est quelqu’un qui demande des ballons dans la profondeur, et qui, je l’espère, marquera des buts ».

Sh’nia Gordon (Américaine, 22 ans, attaquante) : «  Sh’nia a une qualité de vitesse balle au pied qui est assez impressionnante. Elle a déjà marqué lors des matchs de préparations. Après, elle passe d’un jeu très direct et très physique aux États-Unis à un jeu avec conservation du ballon, participer au jeu. Tactiquement, elle a tout à apprendre. Ce sont des filles qui sont obligées de réussir, avec une envie énorme d’apprendre ».