La fonction publique voit ses conditions de travail se dégrader

La fonction publique voit ses conditions de travail se dégrader

Les écoles, les collèges, l’administration pénitentiaire et biens d’autres domaines protestent contre les conditions de travail actuelles. Le niveau de rémunération est également un véritable problème et le ras-le bol se fait sentir.

« Cela fait des années que l’on subit des politiques régréssives, avec toujours cette volonté de diminuer les coûts de la fonction publique. Ca ne peut plus durer » tonne Bruno Henry, membre du SNES (Syndicat National des Enseignants du Second degré). La politique du gouvernement « met la fonction publique dans l’impasse » . Des suppressions massives de postes dans tous les domaines, même le personnel de cantine est touché « avant on pouvait décider le matin même de mettre son enfant à la cantine à cause d’un imprévu. Aujourd’hui ce n’est plus possible, il faut réserver dix jours avant car il y a du manque de personnel » regrette Marie-Jo Jeanront, secrétaire générale du FSU territorial Grand-Est.

Le personnel enseignant est bien-sûr touché par cette suppression de postes. « A la rentrée, il y aura 95 fermetures de classe dans le Département » assure Eric Zolver, secrétaire départemental de la FSU Moselle. Des fermetures de classes qui entraîneront des classes surchargées et des enseignants en sous-effectif. « La formation c’est très important pour un professeur. Mais quand certains partent en formation, ils ne sont pas remplacés » regrette Eric Zolver.

Une situation qui pèse aussi sur les élèves « qui verront les offres d’options se réduire considérablement. Un jeune qui voudra faire option LV3, sport ou théâtre, ne pourra pas » . Autre volonté du gouvernement, inclure les élèves qui ont un handicap mental, aussi appelés « ULIS« , avec les classes générales. Philippe Noller, directeur d’école approuve l’idée mais se pose tout de même quelques questions. « La majorité des ULIS de mon école seront reversés en CE1 ou CE2 dans des classes qui contiennent déjà 25 à 30 élèves. Comment je fais ? » s’interroge-t-il.

Défendre le côté économique

Si le mécontentement sur les conditions de travail grandit, il en est de même pour la fiche de paye. « Nos conditions de rémunération se dégradent. Depuis plusieurs années on a perdu l’équivalent de 10% du pouvoir d’achat, l’augmentation de la CSG n’est pas compensée » tonne Bruno Henry avant de poursuivre « tous les agents publics ont vu une diminution du traitement net en janvier » .

Un ras-le bol général qui amènera prochainement des actions de la part des syndicats. « Il faut arrêter de voir la fonction publique uniquement comme un coût c’est aussi une richesse » affirme Bruno Henry. « On demande plus de services en mettant moins de moyens, c’est impossible » complète Marie-Jo Jeanront.

Joris CROLBOIS

 

 

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