Béatrice Edwige (Metz handball) : une femme en or

Béatrice Edwige (Metz handball) : une femme en or

Championne du monde avec l’équipe de France en décembre dernier, Béatrice Edwige connaît une carrière pleine de gloire. Avec le Metz Handball, elle est invaincue en championnat et double tenante du titre. Une trajectoire qui ne lui était pourtant pas destinée.

Une rage de vaincre sur le parquet, qui contraste avec son sourire bien accroché au visage en dehors. Béatrice Edwige est une femme qui aime le handball, mais qui aime encore plus la vie. « Je ne vais pas dire que je suis facile à vivre mais je suis rigolote ouais » . Une bonne humeur qu’elle transmet dans le vestiaire messin depuis deux ans. Un vestiaire qu’elle a bien failli ne jamais connaître.

C’est à seulement 15 ans que Béatrice se met au handball. Une décision tardive qui est arrivée un peu par hasard. « Je faisais de l’athlétisme et je voulais faire un sport collectif. Il y avait un gymnase juste à côté, ça a commencé comme ça » . Très vite, les talents de la Parisienne attirent les clubs. Et c’est Celles-sur-Belle que rejoint Béatrice en 2008. Un an au club, zéro match en pro et Dijon mise sur la joueuse de 21 ans. A peine six ans de pratique, et la voilà propulsée dans la cour des grands. « Je découvrais la vie de pro. Le club qui te paye ton appartement, les entraînements tous les jours. C’était à la fois magnifique et difficile » se souvient l’internationale tricolore.

Dijon, cinq ans en dents de scie avec une descente en D2. Malgré la relégation, elle reste au club. « Je voulais rester et finir le travail proprement. Je ne voulais pas laisser mon club dans cette situation » . L’année suivante, les Bourguignonnes remontent, c’est donc le moment de partir. Elle choisit Nice pour deux saisons, mais se rendra d’abord au Brésil avec l’équipe de France pour disputer les Jeux Olympiques, seulement un an après sa première sélection en bleu.

« Nice, un club pas fait pour moi »

A Nice, l’acclimatation est difficile. « J’ai connu l’autre côté du professionnalisme et pas forcément le bon côté » regrette la joueuse messine qui est tout de même consciente des progrès effectués sur la Côte d’Azur. « J’ai fait beaucoup d’entraînements spécifiques avec l’entraîneur niçois pour acquérir des bases que je n’ai pas eu quand j’ai commencé le handball » . Des heures de souffrance pour connaître, plus tard une grande satisfaction, celle de jouer à Metz. « Depuis que je joue au handball on parle de Metz, c’est la référence du handball français c’était une vraie fierté. Puis je quittais un club qui n’était pas fait pour moi » .

Une chance pour elle de jouer à Metz. Une chance encore plus grande d’être entraînée par « les deux meilleurs entraîneurs français » . Emmanuel Mayonnade à Metz et Olivier Krumbholz en équipe de France sont les deux mentors de la pivot, que le premier considère comme « une des meilleures du monde à son poste » .

« Je ne veux pas parler d’avenir »

Malgré une carrière remplie de médailles, elle sait garder les pieds sur Terre. Quand d’autres sont émerveillées par un titre de championne du monde, la Messine trouve ça « bien » . « Oui championne du monde c’est bien, mais c’est logique, on était plus fortes et on méritait ce titre » . Un sacre qui pourrait en amener d’autres, mais hors de question de se projeter plus loin que ça.  « Je suis très supersticieuse, je prends au jour le jour. Je ne pense pas encore à l’Euro. Je ne veux pas parler d’avenir » . Si elle ne pense pas encore au championnat d’Europe que la France va accueillir à partir du 29 novembre prochaiyn, difficile de se projeter sur les Jeux Olympiques à Paris en 2024. « J’aurais 36 ans j’espère avoir passé cette étape de ma vie d’être handballeuse professionnelle. Place aux jeunes » . L’après carrière, elle n’y pense pas non plus. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne veut surtout pas « se retrouver dans un staff ou à entraîner des filles » .

Bercée depuis ses 15 ans au rythme du handball, la passion n’est donc pas faite pour durer. « J’aime ce que je fais mais je suis pro, après j’aurais envie de faire autre chose » . En dehors des salles non plus, Béatrice ne consomme pas beaucoup de handball. « Je regarde les résultats des concurrents directs » , et c’est tout. « C’est déjà assez difficile d’allier vie professionnelle et vie personnelle, donc quand je sors, je fais autre chose » .

Un emploi du temps chargé « surtout depuis le titre mondial » qui est difficile à vivre, mais Béatrice ne veut surtout pas s’en plaindre. « On prend beaucoup de temps avec les médias, les partenaires mais ce serait injuste de me plaindre par rapport aux gens qui se lèvent à 6h qui rentrent à 19h » .

L’Euro en France arrive à grands pas, les play-offs du championnat aussi, sans oublier la Ligue des champions dans laquelle les Messines veulent bien figurer. Voilà beaucoup d’occasions pour Béatrice Edwige d’agrandir son palmarès avec Metz et l’équipe de France. Avant de peut-être se retirer pour consacrer sa vie à autre chose qu’au handball.

L’interview complète de la joueuse messine à réécouter ici :

 

Joris CROLBOIS

 

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